Snjór de Ragnar Jónasson


Ragnar Jónasson nous plonge avec Snjór (neige en islandais) (2010/2016) dans l'univers claustrophobe de Siglufjordur, un village de pêcheurs situé à l'extrême nord de l'Islande. Premier tome de la série «Dark Iceland», ce roman d’abord publié en 2010 pose les bases d'une atmosphère qui relève de l'isolement, du silence, et de la menace sourde liée à la blancheur de la neige abondante. L’atmosphère prend plus de place que l’action. Le roman se déroule que sur les quelques mois de l’hiver 2008.

Le jeune policier Ari Thor Arason accepte un poste à Siglufjordur, ce qui ne plaît pas à sa blonde restée à Reykjavik. À peine arrivé, il se retrouve confronté à deux affaires troublantes, d’abord la mort de Hrolfur Kristjansson, célèbre écrivain d’un seul roman, et la découverte de Linda Christensen, une jeune infirmière, à moitié nue dans la neige, entre la vie et la mort. Pendant ce temps-là, les tempêtes de neige coupent le village du reste du monde, belle façon de créer un huis clos. Rapidement, Ari Thor comprend que cette paisible communauté où tout le monde se connaît dissimule des zones d'ombre bien plus qu'il n'y paraît. Les suspects se multiplient.


Ari Thor doit faire face à son manque d’expérience et à l’autorité de ses supérieurs qui ont déjà des reproches à lui faire. Il fait l’objet d’une plainte d’un suspect. L’enquête policière est associée à une tension psychologique croissante entre les personnages principaux et dans tout le village. Au fil de l’enquête, les indices révèlent des liens cachés entre les victimes et plusieurs habitants du village. Les secrets du passé remontent peu à peu à la surface. Le calme du village n’est plus ce qu’il était. Ari Thor découvre que les crimes sont le résultat de non-dits et de tensions qui couvent depuis des années. La révélation finale, qui est bien ficelée, éclaire les motivations réelles des personnages et permet aux lecteurs de donner un sens aux événements.

Dans ce roman, Jonasson fait du lieu et du climat des personnages à part entière. D’autre part, le personnage du jeune policier est attachant parce qu'il est imparfait, idéaliste, parfois maladroit, déchiré par sa vie amoureuse qui s'effrite. Le lecteur peut facilement s’identifier à lui. L'écriture est simple et accessible, ce qui permet au lecteur de demeurer dans l'ambiance plus aisément. Ceux qui recherchent une intrigue complexe n’apprécieront probablement pas ce roman policier. Avec «Snjor», nous sommes plutôt dans un long malaise sans rebondissements fracassants.

Commentaires