Baumgartner de Paul Auster


Le roman «Baumgartner» (2023 / 2024) de Paul Auster raconte quelques mois dans la vie de Sy (Seymour) Baumgartner, professeur de philosophie septuagénaire à Princeton. Il est veuf depuis une dizaine d’années, sa femme Anna étant décédée suite à une noyade.

Le récit alterne entre le présent très concret d’un vieil homme seul, ses souvenirs, des réflexions philosophiques et des bouts de texte rédigés par sa femme. Tout cela rend le roman pratiquement impossible à résumer. Le fil de l’histoire relève plutôt de la présence constante du thème principal lié à la vieillesse et ce qui vient avec, la solitude, la maladie, les réminiscences de l’enfance, etc.

Le présent nous fait découvrir un homme distrait, celui qui ne se rappelle plus pourquoi il s’est déplacé dans une pièce précise, un vieil homme qui apprécie la compagnie comme celle d’Ed Papadopoulos. Un homme qui recherche la présence féminine, sa relation avec Judith et tous les espoirs qu’il met dans l’arrivée prochaine de Beatrix. Tout cela au travers de la rédaction d’un nouveau livre métaphorique où l’automobile est mise en parallèle avec notre société.

Sa vie quotidienne est constamment interrompue par un flot de souvenirs. Il revoit sa jeunesse à Newark, la figure absente de son père, mais surtout sa rencontre à 21 ans avec Anna. Cette jeune poétesse partagera quarante ans de sa vie. Depuis la mort d’Anna, Sy ressent la perte de sa douce moitié comme s’il avait été amputé. 

À travers cette structure faite de retours en arrière et de parenthèses philosophiques, Auster propose des réflexions sur l’amour, le deuil, le temps qui passe, la dégradation du corps, etc. En sachant que l’auteur se savait gravement malade au moment de la rédaction de cet ouvrage, on ne peut pas faire autrement que de penser qu’il y a là une forme de testament. Auster brouille les pistes entre l’autobiographie et la fiction. Malgré la fin qui approche, il nous laisse avec un Baumgartner qui affiche une certaine confiance dans la possibilité de continuer à vivre, à aimer et à écrire.

C’est un livre agréable à lire dans la mesure où l’on connaît la posture qu’a prise l’auteur, à savoir le vieil homme encore actif qui ressasse son passé heureux avec sa femme. Il souhaite même la faire revivre par sa littérature.


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