Un crime sans importance de Irène Frain

Dans «Un crime sans importance» (2020), Irène Frain raconte le meurtre de sa sœur, Denise, une femme autonome de 79 ans qui vit seule. Elle a été agressée dans sa maison de ville, en plein jour, dans une banlieue supposément sans histoire. Grièvement blessée à coup de marteau, sa sœur meurt à l’hôpital après plusieurs semaines de coma. L’avis de décès laissera entendre qu’il s’agit d’une mort accidentelle, mais personne n’y croit.

Frain apprend le décès de sa sœur par son neveu, bien que tout lien avait été rompu entre elles et sa famille depuis des années. Voulant en savoir plus sur ce qui a bien pu arriver à sa sœur, elle réalise que l'enquête policière n'avance pas. Il n’est même pas certain qu’il y ait eu une enquête. La famille ne semble pas être informée de ce qui se passe et ne communique pas du tout avec Irène.

Quatorze mois après le drame, incapable de supporter le silence de la justice et de sa famille, Irène Frain entreprend de reconstituer elle-même les faits entourant le décès de sa sœur. Elle contacte un avocat, elle consulte les journaux de l’époque, elle explore le quartier où vivait sa sœur tout en y interrogeant les habitants. Ses investigations révèlent que Denise n’est pas la seule personne âgée à avoir été attaquée dans cette ville. Cependant, la police ne semble disposer d’aucune piste solide et ses efforts sont mis en doute.

À la lecture de ce récit personnel, on constate aisément que Frain ne cherche pas seulement à comprendre ce qui est arrivé à sa sœur. Elle dénonce avec un peu de sarcasme la lenteur du système judiciaire français et sa tendance à la susceptibilité. Tout en évoquant cette grande question, est-ce que certains crimes sont de moindres importances, comme ceux visant les personnes âgées. Pour Frain, il s’agit aussi d’une façon d’assumer son deuil et de renouer avec sa grande sœur qu’elle a tant aimé.

C’est un récit qui se lit aisément, l’écriture et le ton de Frain font en sorte que le lecteur veut connaître la suite. Malheureusement, encore aujourd’hui, on ne sait toujours pas qui a bien pu commettre un crime aussi sordide. Au même moment où je terminais ce roman, on apprenait dans les médias québécois que la nièce d’une personne âgée avait elle-même fait enquête pour démontrer à la police que sa tante Rollande avait été poignardée à plusieurs reprises… Il ne s’agissait pas d’une mort accidentelle.


« Je n’ai jamais vu ça » : un meurtre résolu grâce à la nièce de la victime - Radio-Canada Info

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2276254/meurtre-resolu-niece-victime-montreal


Un meurtre élucidé grâce à la ténacité d’une « héroïne », La Presse, Louis-Samuel Perron

https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2026-08-18/un-meurtre-elucide-grace-a-la-tenacite-d-une-heroine.php


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