J’ai lu avec plaisir le récit «Un Yankee au Québec» (1866 / 2024) de Henry David Thoreau. Les trois premiers chapitres de ce récit ont d’abord été publiés dans le magazine «Putnam's Monthly» en 1853 sous le titre «Excursion to Canada». Son ouvrage «A Yankee in Canada» a finalement été publié après sa mort conjointement avec d’autres textes nommés «Anti-slavery and reform papers». L’édition que j’ai lu est une édition révisée de la traduction de Adrien Thério de 1996, parue initialement aux «Éditions Stanké». Il y avait eu une première version publiée chez «Les Éditions de l'Homme» en 1962. Cette fois c’est à l’initiative de Mélissa Thériault, membre de la famille élargie du traducteur et professeur de littérature, que cette plaquette est de retour sur le marché chez «Moult Éditions».
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| Édition originale de 1866 |
Une fois à Montréal, il décrit ses impressions du Mont-Royal, de la cathédrale Notre-Dame, des rues encombrés de charrettes à chevaux. Le mélange linguistique des habitants l’intrigue. Son groupe de touristes dont il ne parle pas poursuit sa route vers Québec par bateau. Thoreau est plutôt impressionné par le Cap Diamant, par la place que la ville y occupe et par la Citadelle. Il se promène autour de la forteresse et la très grande présence des militaires le laisse perplexe. Il prend conscience des traces du passé colonial encore très présent.
Thoreau a le tour de prendre des notes avec humour et ironie, et ce, tout autant au sujet de la nature que des traits culturels des habitants. Ce passage où il cherche un endroit pour dormir chez l’habitant dans le coin de la Côte-de-Beaupré est plutôt amusant. Il n’arrive pas à se faire comprendre ce qui crée certains imbroglios.
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| Édition de 2024 |
Cette œuvre n’occupe pas une grande place dans la bibliographie des productions de Thoreau, mais elle représente un intérêt particulier pour les Québécois. D’autant plus qu’on y retrouve tout de même plusieurs des thèmes phares présents dans «Walden» ou dans «La Désobéissance civile» comme sa critique de l'autorité ; le rapport à la nature ; la recherche de l’autonomie individuelle et sa méfiance à l’égard des institutions. Ce récit rapporté dans «Un Yankee au Québec» est moins un guide de voyage qu’une autre occasion pour Thoreau de poursuivre sa réflexion sur ses idéaux philosophiques. Il n’en demeure pas moins que l’auteur nous offre un regard externe sur le Québec du XIXᵉ siècle riche en observations. Et ce, même si ce coup d’œil de touriste est parfois ponctué de jugements rapides (voire de préjugés).


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