J'ai bien apprécié ma lecture de «Encabanée» (2018) de Gabrielle Filteau-Chiba, une plaquette qui ne fait pas 100 pages dans la version de la Bibliothèque Québécoise. Tout de suite j'y ai vu un ouvrage dans la lignée du «Nature-Writing» et une émule de Henry David Thoreau dans une version féminine. Il s'agit d'un premier roman largement inspiré d'une expérience vécue par l'auteure.
Ainsi, sur un coup de tête, Anouk a quitté la grande ville pour se réfugier dans une cabane de bûcheron sur le territoire de Kamouraska. Elle veut fuir le rythme effréné de la vie urbaine, la recherche de la performance au travail, la surconsommation, le bruit, le béton, etc. Elle entreprend un changement de vie tourné vers la nature et l'autosuffisance. Elle se rend vite compte qu'elle n'a peut-être pas choisi la bonne cabane et la bonne saison, l'hiver, pour entreprendre cette métamorphose de sa personne. Ses talents pour l'écriture et le dessin, ne lui sont pas d'un grand secours lorsqu'il est question de chauffage au bois, de déneigement et d'approvisionnement en eau. Elle apprend également à maîtriser ses peurs.
Sa démarche en elle-même porte un discours écologiste, mais l'auteure a voulu aller plus loin en introduisant le personnage du Rio. Anouk entendait des hélicoptères depuis une journée ou deux et voilà que ce personnage cogne à sa porte, il est recherché par la police. Rio est un militant écologiste qui a décidé avec quelques collègues de passer à l'action, il a saboté une voie ferrée où transitent des millions de litres de pétrole. Bien qu'elle endosse l'idée derrière la démarche, elle ne veut pas être complice de ses actes. Il doit partir rapidement.
L'écriture m'a plu, la place faite aux animaux et aux paysages également. Son récit est issu du journal qu'avais tenu Filteau-Chiba lors de son expérience, voilà pourquoi il en a un peu la forme, avec des listes et des dessins. Elle nous décrit qu'une semaine dans sa cabane, c'est court. Malgré cela, par son aventure, elle permet d'ouvrir la discussion sur la société dans laquelle on vit et le sort que nous réservons à la nature qui nous entoure. Malheureusement, on fait peu de cas de la mort du chauffeur du train qui a déraillé. «Encabanée» s'inscrit dans une trilogie avec les titres «Sauvagines» et «Bivouac», qui poursuivent la démarche de réflexion sur notre rapport à la nature.

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