J'ai complété la lecture de « Quand sort la recluse » (2017) de Fred Vargas, une autre enquête de son commissaire Adamsberg. Cette fois c'est une série de décès de personnes âgées, tous survenus dans la même région. Les victimes ont été mordues par une araignée appelée la recluse (Loxosceles reclusa), dont le venin peut causer une nécrose des tissus. L'intuition de Adamsberg l'amène à suggérer qu'il s'agit de meurtres et non pas une simple coïncidence naturelle. Il évoquera sa capacité de voir dans la brume... Il devra convaincre ses collègues de la brigade un à un au fil des indices qui s'accumuleront.
L’enquête leur permet justement de découvrir des liens entre ces morts suspectes et un groupe de jeunes délinquants ayant grandi ensemble dans un orphelinat. Le fils du gestionnaire de cette institution détient toutes les archives des 874 enfants qui y sont passés à la fin des années quarante. À la mention de «la recluse», il sort un dossier intitulé «La bande des recluses», un groupe de neuf jeunes des plus cruels qu'ils n'auront jamais pu encadrer et contrôler. Adamsberg et sa bande plongent dans le passé des bourreaux et des victimes pour tenter de trouver l'origine de ce qui semble être une vengeance tardive. Confronté à un grave conflit avec son adjoint Danglard, le commissaire finit par comprendre que celui-ci est indirectement impliqué dans l'enquête. Adamsberg consulte des spécialistes des araignées, interroge des témoins atypiques, suit de fausses pistes, obtient des révélations, jusqu'à corroborer la vengeance très ancienne des victimes ayant beaucoup souffert des décennies plus tôt. Dans un élan de grande empathie devant le sort des victimes, Adamsberg invite le tueur à prendre la liberté, ce qu'il refusera en disant «le travail est fait, le vôtre aussi».Franchement, j'aime vraiment beaucoup les romans policiers de Fred Vargas. Le style d'écriture, l'ambiance, les personnages typés de la brigade, les thèmes qu'elle choisit, tout cela me plaît à chaque fois. Connaissant les préoccupations environnementales de Vargas, j'ai souri en voyant ses allusions à des enjeux environnementaux, ici et là, dans son texte, surtout au début de l'aventure. Le choix d'une bête venimeuse qui pourrait profiter des changements climatiques n'est peut-être pas anodin. Je ne peux que vous en suggérer la lecture pour constater comment un auteur peut tricoter une enquête en 500 pages tout en maintenant notre intérêt.

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