Maïmaï de Aki Shimazaki


J'ai lu avec grand plaisir «Maïmaï» (2018) de Aki Shimazaki. Je ne connaissais pas cette auteure (autrice) d'origine japonaise qui habite au Québec depuis 1991. Elle a décidé d'écrire ses romans en français, merci, madame! Mme Shimazaki a maintenant 17 romans à son actif. Fait curieux, elle rédige des cycles de 5 romans. Le roman que je viens de terminer s'inscrit dans le 3e cycle intitulé «L'ombre du chardon».

Au premier contact avec le livre, j'avais un sourire parce que dans ma tête «maï maï» c'est une expression d'étonnement de ma grand-mère. De plus, dès la première page on lit «Un escargot rampe sur une feuille de physalis. Les tentacules sortis, il se dirige vers la tige d'où pendent des fruits dont les enveloppes sont vertes...» J'étais étonné d'y voir déjà l'image qui apparaît sur la couverture du roman. Ce n'est pas courant de pouvoir faire un lien si rapidement (quand il y en a un) entre la couverture d’un roman et un aspect de l'histoire... Ce n'est que quelques pages plus loin que j'apprends que «Maïmaï» c'est un escargot en japonais (en passant le physalis, c'est ce qu'au Québec on appelle une cerise de terre. Pour l'anecdote, mon père adorait les cerises de terre.).

Malgré que ce roman fasse partie d'un cycle, c'est vrai que le livre est «autonome». Les romans d'un cycle abordent l'histoire d'un autre angle en mettant de l'avant un personnage différent. Dans «Maïmaï», c'est Tarô, 26 ans, jeune homme sourd-muet et métis (half) qui nous racontent l'histoire qui se déroule sur tout au plus deux semaines. Il y est donc question en quelque sorte du quotidien de Tarô.

Le tout débute par l'annonce de la mort de sa mère Mitsuko et tout ce qui s'en suit. À cela s'ajoute la vie amoureuse de Tarô qui se déroule, disons à une vitesse vertigineuse. Il met fin à sa relation avec Mina qui est mannequin comme lui puis il envisage de se marier avec Hanako, une amie d'enfance. Mais avec la mort de sa mère, il apprend qu'elle a déjà mené une double vie (libraire/escorte) et que ses origines ne sont peut-être pas aussi claires que ce que sa mère lui avait raconté. C'est ainsi que derrière une trame narrative plutôt calme et discrète se cache un grand drame...

À la lecture de ce roman, j'ai pensé Kim Thuy pour cet usage de la langue française de façon limpide, sensible. Cette recherche du bon mot pour ne pas en écrire trop! J'adopte cette auteure. Je vais très certainement lire d'autres de ses romans prochainement et je l'espère, avec le même enthousiasme.

Le cycle: de «L'ombre du chardon»


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